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« Et si on se réconciliait ? » Peut-on arrêter une procédure de divorce en cours ?

Lorsqu’un couple engage une procédure de divorce, l’entourage considère souvent que la séparation est devenue inévitable. Pourtant, la réalité est parfois plus nuancée. Il n’est pas rare que des époux renouent le dialogue, décident de se donner une nouvelle chance ou réalisent que leur séparation était davantage liée à une crise passagère qu’à une volonté définitive de mettre fin au mariage.

Une question revient alors régulièrement au cabinet :

« Nous avons engagé une procédure de divorce… mais nous souhaitons finalement nous réconcilier. Est-il encore possible de tout arrêter ? »

La réponse est généralement oui… mais tout dépend du stade de la procédure.

Un divorce n’est pas irréversible tant qu’il n’est pas prononcé

Contrairement à une idée reçue, le simple fait d’avoir consulté un avocat, déposé une requête ou même engagé une procédure judiciaire ne signifie pas que le divorce est devenu inéluctable.

Tant que le divorce n’a pas été définitivement prononcé, les époux conservent la possibilité de renoncer à leur projet de séparation.

Le droit français ne contraint évidemment pas des époux à divorcer s’ils souhaitent finalement poursuivre leur vie commune.

Peut-on arrêter une procédure judiciaire en cours ?

La réponse est oui.

Lorsque la procédure est engagée devant le Juge aux Affaires Familiales, les parties peuvent décider à tout moment de mettre un terme à l’instance.

Concrètement, plusieurs situations peuvent se présenter :

Avant l’audience sur mesures provisoires

Si les époux se réconcilient rapidement, l’un des avocats peut solliciter le retrait du dossier ou informer le tribunal que la procédure n’a plus lieu d’être.

Après les mesures provisoires

Même lorsqu’une audience a déjà eu lieu et que des mesures provisoires ont été fixées (résidence des enfants, pension alimentaire, attribution du logement…), les époux peuvent toujours abandonner la procédure de divorce pendant la mise en état. Les avocats réalisent alors des conclusions de désistement.

Le juge n’a pas vocation à prononcer un divorce contre la volonté des parties.

Et en cas de divorce par consentement mutuel ?

La situation est différente.

Dans un divorce par consentement mutuel, les époux négocient une convention avec leurs avocats avant sa signature.

Tant que la convention n’est pas signée, chacun reste parfaitement libre de changer d’avis.

Un époux peut donc décider :

  • de suspendre les discussions ;
  • de reprendre la vie commune ;
  • ou simplement de reporter son projet de divorce.

En pratique, cette situation est loin d’être exceptionnelle.

Certains couples profitent de la phase de négociation pour faire le point sur leur relation et décident finalement de tenter une nouvelle expérience de vie commune.

Attention : après la signature, il est souvent trop tard

En revanche, une fois la convention de divorce signée puis déposée au rang des minutes d’un notaire, la situation devient beaucoup plus complexe.

Le divorce produit alors pleinement ses effets.

Une réconciliation ultérieure n’annule pas automatiquement le divorce.

Les anciens époux restent juridiquement divorcés, même s’ils reprennent une vie commune.

S’ils souhaitent retrouver leur statut matrimonial, une seule solution existe : se remarier.

C’est pourquoi il est essentiel de prendre le temps nécessaire avant toute signature.

Comme j’aime souvent le rappeler :

Une convention de divorce se négocie avant d’être signée, pas après. Les concessions stratégiques existent, les retours en arrière beaucoup moins.

Une réconciliation temporaire peut-elle avoir des conséquences ?

Oui.

Certains couples connaissent des périodes de rapprochement puis de nouvelles difficultés quelques semaines ou quelques mois plus tard.

Dans ce type de situation, il convient d’être prudent.

Selon le contexte, une reprise durable de la vie commune peut parfois être invoquée pour démontrer que la séparation n’était pas aussi définitive qu’annoncée.

Certaines fautes peuvent être également prescrites après une réconciliation.

Chaque situation mérite donc une analyse particulière.

Il est souvent préférable de demander conseil à son avocat avant de prendre des décisions qui pourraient avoir des conséquences procédurales ou patrimoniales.

Faut-il informer les enfants immédiatement ?

Lorsqu’une procédure de divorce est en cours et qu’une réconciliation intervient, de nombreux parents sont tentés d’annoncer immédiatement la nouvelle aux enfants.

La prudence est souvent recommandée.

Les enfants ont parfois déjà vécu plusieurs mois de tensions, de changements d’organisation ou d’incertitudes.

Avant de leur annoncer un retour définitif à la vie commune, il peut être préférable de vérifier que cette réconciliation est réellement durable.

En résumé

Oui, il est généralement possible d’arrêter une procédure de divorce tant que celui-ci n’a pas été définitivement prononcé ou enregistré.

Chaque situation étant différente, il convient toutefois d’analyser les conséquences juridiques d’une éventuelle réconciliation avant de prendre une décision.

Et parfois, la meilleure nouvelle d’un dossier de divorce est tout simplement… qu’il n’y ait finalement plus de divorce.

Vous vous interrogez sur les conséquences d’une réconciliation ou sur l’arrêt d’une procédure de divorce ? N’hésitez pas à contacter le cabinet BUSQUET pour étudier votre situation et sécuriser vos démarches.