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Devoir conjugal : une notion bientôt enterrée ?

Quel changement envisagé pour les divorces en 2026

Le “devoir conjugal” a longtemps été l’un des concepts les plus flous – et les plus mal compris – du droit de la famille.

Souvent invoqué à tort, parfois redouté, il a fait l’objet d’une actualisation majeure en 2026, à la suite d’une décision européenne et d’une réforme législative très attendue.

Peut-on encore reprocher à son conjoint un refus de relations sexuelles ?

Cela peut-il fonder un divorce pour faute ?

Quelles conséquences concrètes devant le juge aux affaires familiales ?

Décryptage clair et utile, à la lumière du projet législatif récent.


⚖️ Le “devoir conjugal” : une notion ancienne… mais jamais écrite dans la loi

Contrairement à une idée répandue, le Code civil n’a jamais imposé explicitement d’obligation de relations sexuelles entre époux.

L’article 215 du Code civil impose seulement :

« Les époux s’obligent mutuellement à une communauté de vie. »

Pendant longtemps, certains juges ont interprété cette “communauté de vie” comme incluant une dimension intime, ce qui a parfois permis :

  • d’invoquer le refus de relations comme faute,

  • de l’utiliser comme argument dans un divorce pour faute,

  • voire de faire pression dans un contexte conflictuel.


⚠️ Un tournant décisif : la condamnation de la France par la CEDH

En janvier 2025, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a condamné la France dans l’affaire H.W. c. France.

La CEDH a jugé que :

  • considérer le refus de relations sexuelles comme une faute,

  • porte atteinte au droit au respect de la vie privée,

  • viole le principe fondamental du consentement libre.

En clair : le mariage ne crée aucune obligation sexuelle.

Cette décision a entraîné une réaction rapide du législateur français.


️ 2026 : la fin officielle du “devoir conjugal”?

En janvier 2026, l’Assemblée nationale a adopté un texte venant clarifier définitivement la loi.

✔ La proposition de loi a été votée à l’unanimité par l’Assemblée nationale le 28 janvier 2026 et vise à modifier le Code civil pour clarifier qu’il n’existe aucune obligation sexuelle dans le mariage et que le refus de relations ne peut pas fonder un divorce pour faute. 

❗ Mais :

➡️ Le texte doit encore être examiné et adopté par le Sénat (procédure en cours) avant d’être promulgué. 

➡️ Tant que cela n’est pas fait, le droit applicable reste celui qui existait avant le vote, même s’il reflète la direction vers laquelle la loi évolue. 


⚖️ Conséquences concrètes en cas de divorce

❌ Ce qui ne sera plus possible

  • ❌ Invoquer l’absence de relations comme faute

  • ❌ Fonder un divorce pour faute uniquement sur ce motif

  • ❌ Exercer une pression juridique ou financière liée à la vie intime

✅ Ce qui reste possible

  • ✔️ Invoquer d’autres fautes (violences, abandon du domicile, adultère, etc.)

  • ✔️ Engager un divorce pour altération du lien conjugal

  • ✔️ Opter pour un divorce amiable ou judiciaire classique

Le juge ne s’intéresse plus à la vie sexuelle, mais aux conséquences concrètes de la rupture.


⚠️ Attention : ce que la réforme ne change pas

❗ La fin du devoir conjugal ne signifie pas :

  • que tout comportement est neutre juridiquement,

  • que la vie commune n’a plus d’importance,

  • que le juge ne tient plus compte du contexte global.

Ce sont les conséquences matérielles et familiales (abandon, violences, déséquilibre économique) qui restent déterminantes.


‍⚖️ En pratique : Mon avis en tant qu’avocat à Lyon

Dans les dossiers de divorce traités au cabinet, cette réforme aura un effet très concret :

✔️ Elle apaisera les tensions

✔️ Elle évitera les stratégies agressives inutiles

✔️ Elle recentrera le débat sur l’essentiel : enfants, patrimoine, équilibre financier

✔️ Elle favorisera les divorces amiables ou raisonnés

Beaucoup de clients arrivent encore avec cette inquiétude :

«Le refus de relations peut-il m’être reproché juridiquement? »

La réponse sera probablement non dans les mois à venir


Divorce à Lyon : un accompagnement juridique indispensable

Chaque situation reste unique.

Selon que vous engagiez :

les conséquences peuvent être très différentes.

Avant toute démarche, il est essentiel d’être conseillé pour :

  • éviter les erreurs irréversibles,

  • protéger vos droits,

  • sécuriser votre avenir juridique et patrimonial.


En résumé

✅ Le devoir conjugal est fortement remis en cause et n’existera probablement plus juridiquement

✅ Le refus de relations ne constitue plus une faute

✅ Le divorce repose  sur des critères objectifs

✅ La stratégie juridique reste essentielle


Besoin d’un conseil en droit du divorce à Lyon ?

Maître Gilles Busquet Avocat en droit de la famille – Divorce – Séparation Lyon

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